mardi 1 mai 2018

Le postier

Morceau : Road to Glory
Artiste : Audiomachine
Album : The Platinum Series III: Eterna (prof.) piste 4; Chronicles (public) piste 20
Année : 2009 (The Platinum Series III: Eterna)  2012 (Chronicles)
Posté par : Cape Tranquility
Image : set de plusieurs images

Pourquoi ce morceau ?


Le morceau est court. Très court. Clairement porté par les cordes et les percussions qui donnent le rythme de marche. La mélodie est jouée successivement par une guitare puis des violons allant crescendo. C'est comme avancer dans un tunnel à l'approche de la sortie.
Puis à 01:00, pause. Entrée des chœurs. On continue l'ascension. Les voix sont rejointes par les violons et le tout s'arrête subitement, donnant envie de voir la suite. C'est un morceau qui ne fait que monter, et il est suffisamment court pour illustrer une transition vers...
Ne serions-nous pas en train de quitter le territoire d'Audiomachine dans cette playlist ? Avec du recul, le trio Path to Freedom, Road of Glory et Guardian at the Gate (au prochain article) sonnent comme une grande transition vers la suite. Peut-être une autre manière d'écouter l'Epic Music.

Tradition oblige, voici un texte pour illustrer cet article

[Ier siècle du Feu, Continent Occidental,


Frank se regardait dans la petite glace près de la porte d'entrée. Cheveux bien peignés, barbe rasée, veste bleue nuit sans col bien brossée, boutons dorés alignés, il sourit à son reflet et sortit. Le soleil n'était pas encore levé, ainsi que sa bien-aimée. C'était l'aube des postiers. Dans moins d'une heure, il serait enfin l'un d'entre eux. Il avait travaillé dur pour réaliser son rêve d'enfant. Enchaînant les petits travaux à la Ville pour engranger l'argent nécessaire pour les cours d'équitation. Après deux ans de privations et de labeurs, il postula pour le concours le plus difficile qu'il existait. C'était le seul métier qui permettait de voyager à travers le Continent et d'être payé pour cela... très bien payé. Les postiers étaient le pilier de la communication dans le Continent. Les ministres des transports étaient souvent l'un d'entre eux. Ils étaient le lien entre les familles éloignées, entre les territoires, entre la Ville et le reste de ce petit monde. Ils portaient sur eux la confiance de tout un peuple. 
Comment annoncer un heureux événement aux proches ? 
Comment signaler au pouvoir en place les difficultés de la population ?
Par courrier.
Frank marcha fièrement vers l'office de Poste de la porte sud de la Ville où il avait été assigné. Ses nouveaux collègues l'accueillirent chaleureusement. Ils lui offrirent sa besace personnelle en cuir qui contenait ses deux insignes : une broche de cheval en or et celle de la petite enveloppe d'argent des jeunes recrues. 
Le chef, reconnaissable à sa casquette, confia les différents circuits à ses postiers. Pour son premier jour, Frank avait l'un des plus beaux circuits locaux : la route de la côte, un cadeau de bienvenue. Il grimpa sur son cheval avec les sacs vides et galopa vers le premier relai. Le ciel changea du gris foncé au gris clair mais il ne pleuvait pas. Il admirait la course des nuages bas au-dessus de la mer. La route le mena au premier relais, tous représentés par une tour en pierres ou en brique. Ces anciennes tours servirent aux fées dans une époque lointaine, puis de tour de guet pendant les guerres. C'était pour cette raison qu'on appelait toujours les habitants de la tour des guetteurs. Frank récupéra le courrier au premier guetteur et laissa reposer son cheval. Il le changerait au prochain relais. 
Le nouveau postier avança ainsi entre les villages, sur le chemin de ces phares terrestres. Il arriva à la moitié du circuit à la mi-journée. Le guetteur l'invita à déjeuner avec lui et ils trièrent les missives ensemble. Le jeune facteur étudia la carte du secteur pour savoir quelques relais il servirait en premier. C'était les guetteurs qui étaient ensuite chargés de délivrer les messages dans les villages, et de récupérer au besoin ceux que les villageois voulaient transmettre. Frank répartît donc les lettres et colis dans les sacs de toiles. Les missives pour la Capitale étaient dans un sac à part de couleur noir. Ceux pour les zones en dehors de son circuit dans un sac vert. Sa besace personnelle servait pour les courriers de haute importance. Frank salua le guetteur et se hâta de récupérer son cheval. Il reprit les montures qui avait chevauché dans la matinée au fur et à mesure. Le soleil apparut de manière épisodique entre les traînes nuageuses. En approchant l'horizon, le ciel éclatait d'un rouge orangé rayé par un dégradé de gris. Entouré par les remparts, les habitants de la Ville avaient peu l'occasion de voir l'horizon. Frank ne put s'empêcher de regarder ce spectacle. A cause du vent, l'écume des vagues empêchait la mer de refléter le ciel parfaitement. L'océan se transformait alors en un mélange de ténèbres et de lumière stupéfiant pour le jeune citadin. 
C'était bien le plus beau paysage qu'il lui eut été donné de voir.]

Cet article a été rédigé durant le Camp Nanowrimo d'avril 2018.


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