samedi 26 août 2017

Transition...

Morceau : Dream Chasers (avec les chœurs)
Artiste : Future World Music
Album : Vol. 10 - Immortal Empire , piste 12/ Reign of Vengeance, piste 1
Année : 2011 (version public)
Posté par : Music Heals Your Soul
Image : https://clintcearley.deviantart.com/art/Journey-Begins-63694130




Pourquoi ce morceau ?

C'est un morceau tout doux... pendant la première moitié. Il prend de l'ampleur avec les chœurs après les deux minutes mais il reste dans le côté positif de Future World Music, loin d'un chaos futuriste qui s'accompagnerait d' « Illuminati » de l'Audiomachine.  C'est un morceau d'Epic Music assez classique mais qui m'a accroché, sans parler de l'illustration qui invite au voyage à la Little Nemo du futur. Après quelques recherches dans ma mémoire et sur internet, je n'ai pas trouvé où j'ai bien pu découvrir ce morceau mais qu'importe, car à chaque fois que je l'écoute, je l'apprécie pour ce qu'il est et ce qu'il annonce. En effet, il est en transit entre deux phases de la playlist, entre mon escapade avec Future World Music plus coloré et joyeux, qui m'a fait découvrir l'Epic avec une guitare acoustique, et la suite, plus sombre, où je reviens aux fondamentaux en terme de son, mais surtout, où je redécouvre un groupe que j'avais rejeté auparavant, Audiomachine...

Un petit texte pour la route ?
[Ere du Feu, Contient Méridional,

« Mais qu'allez-vous donc faire dans cette région reculée, ma fille ? Changez donc d'avis ! Je ne vous en voudrai pas pour cela... Allons ! Voyager? Des jours entiers ? Pour une simple formation d'infirmière ?
- De chirurgienne, mère.
- N'essayez pas de m'avoir avec vos mots savants ! Les femmes finissent infirmières quel que soit la région. Nous aussi, nous avons de bons hôpitaux et de bons médecins comme ceux que vous cherchez ! Tout ce que vous souhaitez, c'est de nous quitter... Nous abandonner à cause de cette ridicule histoire de mariage... »
Le cocher et les bagages étaient prêts depuis longtemps mais Alice ne voulait pas interrompre sa mère. Elle la regardait avec bienveillance en espérant qu'elle lui pardonnerait son départ. La jeune femme passa ses mèches blondes derrière ses oreilles et tendit la joue vers sa mère qui s'était enfin tu. Le père d'Alice la salua de la main sur le perron de la villa familiale. Il n'avait énoncé aucune opposition à son départ. N'étant pas un natif du Continent Méridional, il savait que le voyage était l'une des meilleures façons d'effacer les mauvais moments de la vie.
Ce n'était pas une fugue... Peut-être une fuite, mais elle reviendrait.
En regardant ses parents disparaître derrière le portail, Alice se promit de leur écrire toutes les semaines. La voiture longeait les champs du domaine, rideaux fermés. Il fallait deux semaines, au moins, pour rejoindre Tristiana « la grande ville de l'Est » depuis les environs de la Rivale, la plus grande cité du Continent Méridional. L'accès à la mer étant interdit aux villes du sud du Contient, Alice devait donc s'y rendre par la longue route qui longeait la côte. Elle se rappela qu'elle devrait surveiller sa langue une fois là-bas : donner des surnoms aux villes du Continent était une des nombreuses façons qu'avaient les Rivalois de résister à l'hégémonie de la Capitale et continuer la vielle opposition Nord-Sud. Comment ces futurs collègues l'accueilleraient s'ils apprenaient qu'on surnommait leur ville « Tristiana », la cité la plus déprimante du Monde Connu...
Peut-être devrait-elle défaire sa longue natte, pour ne pas paraître trop étrangère ?
Comment s'habillaient les personnes du Continent Oriental ?
Étaient-ils aussi tristes que leur réputation le suggérait ?
Alice frissonna en songeant à ce territoire si éloigné, caché derrière les Montagnes de l'Est, aux brumes et pluies permanentes. Elle tira les rideaux après s'être suffisamment éloignée de la sphère d'influence de la Rivale... « La grande ville du sud-ouest du Continent Méridional » s'entraîna-t-elle à penser pour éviter d'utiliser les surnoms locaux. Mais tous ces détournements de noms étaient si ridicules... 
Après une petite heure, elle toqua contre le bois pour prévenir qu'elle souhaitait s'arrêter. Le cocher, Charles, l'aida à descendre. Il lui montra le panier de provisions mais elle secoua la tête.
« J'avais besoin de me dégourdir un peu les jambes. Je ne pense pas que nous nous arrêterons longtemps à La Félonne...
« La grande ville au nord du Continent Méridional »
… je préférerais que nous évitions de croiser des connaissances en chemin. Cependant, n'hésitez pas à me prévenir si jamais la route vous paraît longue ou que les chevaux vous paraissent fatigués. »

Charles lui sourit et s'éloigna vers un bosquet. Il était muet mais n'avait aucun mal à se faire comprendre avec Alice. Pour lui aussi, c'était un voyage inédit et il s'était porté volontaire sans hésiter lorsqu'Alice lui proposa de l'accompagner. Il revint assez vite de sa pause pour ne pas la laisser seule au bord du chemin et se reposa sur son banc. A nouveau sur la route, il la prévenait lors qu'il apercevait des chevreuils ou quelques crécerelles tournant autour des champs de blés encore vert. Alice apercevait les villages à des kilomètres de la route principale. L'horizon était plat, droit comme les bords d'une table. Elle espérait apercevoir l'ancienne capitale du Royaume du Vent en arrivant sur La Félonne mais la campagne se vallonnait et le bord de mer demeurait invisible depuis la route. Comme prévu, ils passèrent la grande ville sans s'arrêter. Sa taille était plus modeste que la Rivale et dépourvue de remparts. Ses habitants savaient parfaitement comment leur ville était surnommée et Alice songeait parfois, qu'ils faisaient en sorte de mériter ce surnom. Son fiancé venait de cette ville...
La voiture de Charles et Alice bifurqua vers l'est pour longer la côte et éviter les montagnes. Alice n'était jamais allée aussi loin de chez elle. A cette pensée, elle serra son manteau contre elle et s'enfonça dans son siège en tirant les rideaux. Avait-elle besoin de partir si loin ? Si soudainement ?
« Je ne pouvais plus rester... »
Avant, c'était une certitude, mais depuis quelques jours, le doute montait et cette phrase l'aidait à ne pas abandonner son objectif : quitter la Rivale, quitter ses proches, ceux qu'elle croyait amis, quitter l'humiliation publique et permanente d'avoir été rejetée ainsi au pied de l'autel le jour de son mariage.
Son fiancé avait changé d'avis. Tout le monde pouvait changer d'avis, cela n'avait jamais été grave... Alice entendait encore les ricanements de son fiancé saoul, l'éclat de rire d'ivrogne de sa meilleure amie, hurlant à l'assemblée que ce mariage n'avait pas de sens, qu'il partait d'un pari odieux qu'elle venait de perdre dont la main d'Alice « l'Intouchable » était le prix. Sa meilleure amie qui lui avait assuré qu'elle était heureuse pour elle, mais celle à qui elle confiait tous les détails de son bonheur, dévoila tous ses secrets les plus intimes aux invités. Moitié scandalisée, moitié stupéfaite, l'assemblée n'osa quitter la salle de peur de briser ce moment irréel. Il fallut qu'Alice se mît à frapper cette amie, chaussures à talon à chaque main, pour cesser la mascarade. Mais ce fut d'Alice, la sauvage aux pieds nus et aux mains chaussées dont on se moqua, la naïve fiancée qu'on pointa du point, en chuchotant dans son dos.
Quelques jours plus tard, cette fameuse amie vint en consultation à l'hôpital où Alice travaillait pour y apprendre qu'elle était enceinte... du fameux fiancé. Le soir même, Alice écrivit une lettre pour demander son transfert vers un autre établissement pour n'importe quel poste disponible. Heureusement pour elle, l'hôpital de Tristiana avait une excellente réputation dans les techniques de chirurgie non magique, domaine qui l’intéressait particulièrement. En fait, cette réputation reposait sur les épaules d'un seul médecin, le docteur Ford. Certains collègues expérimentés d'Alice osaient affirmer que le docteur Ford faisait des miracles avec ses patients, sans utilisation de magie. Beaucoup étaient persuadés que l'établissement porterait son nom dans quelques années. Les moins jaloux et les plus curieux faisaient le voyage pour lui demander conseil, même depuis la Capitale ! Le mariage raté et les traîtrises se transformèrent malgré elle, en opportunité, en un rêve de carrière pour la jeune femme qui angoissait à présent de ne pas être à la hauteur.
Le soleil finissait sa course à travers quelques nuages gris. Le relief était à nouveau plat, laissant l'horizon se déformer par le massif montagneux qui marquait l'ancienne frontière entre le Royaume de la Terre et le Royaume du Vent. Charles hâta les chevaux pour éviter de rester sur les routes à la nuit tombée. Des agents de sûretés veillaient parfois sur les villages mais pas sur les routes de nuit.
Charles les arrêta à un village au pied du massif. Les montagnes les plus hautes avaient leurs sommets blancs visibles dans la lumière du soir. Autour d'eux, le village était constitué d'une vingtaine de maisons aux toits dissymétriques mais aux murs jaunes leur rappelant la villa. Les familles fermaient les volets en bois sans décoration. Étant proche d'une route principale, le village était équipé d'une halte de postier où Alice pouvait laisser un message à ses parents. Charles l'accompagna puis ils cherchèrent ensemble l'auberge pour y passer leur dernière nuit dans le Continent Méridional.]

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