lundi 1 mai 2017

En quête de magie...

Morceau : Quest for Freedom
Artiste : Future World Music
Album : World Apart - Volume 8 (piste 13 - avec guitare acoustique)
Année : 2007
Posté par : Cape Tranquillity
Image : Plusieurs images sans sources citées



Pourquoi ce morceau ?

Ce petit air de guitare acoustique sur de la musique épique est quelque chose que je trouve d'assez singulier. D'ailleurs dans ce genre de situation il existe une version sans. Ce morceau arrive en deuxième position sur la compilation spéciale d'une heure de Primes Cronus (volume 1). Chouette introduction, elle met déjà dans l'ambiance de Future World Music. La répétition des chœurs de 2min à la fin du morceau qui gagnent en intensité grâce aux instruments apporte la grandiloquence au morceau et le rend épique. Là, Future World Music n'est plus uniquement dans le penchant "paysage" (début du morceau) du monde épique mais part sur "la quête" et "l'épopée". Le titre "Quest of Freedom" fait écho à l'action qu'on peut ressentir ici. Je pense ainsi que c'est pour cela que si c'est le premier morceau de Future World Music que j'ai écouté et qui a finit dans ma playlist, ce sont des morceaux comme "Once in a Lifetime" qui arrivent avant car ils sont plus dans la contemplation ("paysage") que dans l'aventure, ce dont j'avais besoin après Two Step From Hell et Audiomachine. C'est un paradoxe de playlist : ce morceau m'a permis d'accrocher à Future World Music dans un premier temps car proche de ce que j'écoutais avant mais qui, dans ma playlist, arrive plus tard car il me fait revenir à ce que j'écoutais avant presque par nostalgie... Je ne sais pas si c'est clair mais c'est ainsi que ça s'est passé dans ma tête...
Ainsi, petit à petit, je reviens à mes débuts (l'aventure!) mais avec un nouveau groupe. Sans spoiler la suite, je suis en train de quitter le mode paysage épique. Mais les coups de guitare n'en ont pas fini avec moi et me réservent encore de belles surprises!

Ci-dessous un nouveau texte qui se déroule à une époque bien antérieure aux précédents...

Un petit texte pour la route ?
[An DCLIII (de Domination), Royaume de la Terre,

Marcus, le dos contre les barreaux, fixait le mur, pétrifié. Un cinquième émeraude était apparu dans le cercle gravé. Il savait qu’il ne pouvait ni l’arracher, ni le cacher sans que cela ne se vit. Pourtant, il n’avait rien fait de spécial ! Il suivait les principes des fées à la lettre, mangeait peu, restait calme et n’avait jamais, jamais, jamais essayé de faire de magie.
Le geôlier arriva sans qu’il n’eût le temps de songer à une solution. Ses ailes bourdonnaient plus lourdement que les fées normales, à cause du manque de lumière dans les prisons. Il laissait sa matraque frapper les barreaux des cellules pour réveiller les détenus.
« Oh, Marcus ! Je ne te croyais pas ambitieux… La plupart des membres de ton espère qui développent l’Ubris arrivent à cinq, voir six émeraudes en trois semaines. Cela fait trois ans que tu es resté à quatre émeraudes. Pourquoi ? Tu sais ce que signifie le cinquième, hein ?
 Ce n’est pas moi. Je ne l’ai pas fait exprès, je le jure. Je me suis réveillé ce matin et il était là.
 Tu as dû rêver trop fort…
 Non, Monsieur Marronnier, je… je le jure… je n’ai jamais eu envie d’avoir des pouvoirs… je déteste la magie !
 Tu détestes la magie donc tu détestes les fées et les créatures magiques ?
 Ce n’est pas ce que je voulais dire. Pitié Marronnier, cela si longtemps qu’on se connaît. Ne leur dit pas par pitié. Si tu ne le rapportes pas, ils n’en sauront rien…
 Ah les humains ! Je t’avoue que je t’aime bien Marcus, tu es un bon gars. Mais ces émeraudes te trahissent depuis ton arrivée ici. Aucun humain ne devrait avoir de pourvoir magique : c’est trop dangereux pour vous et vous le savez ! Tu le sais ! Les créatures, comme les fées, naissent avec ce don. Chez vous, c’est une maladie, une erreur de la nature, tu comprends ? Bien sûr, tu ne peux pas comprendre, vous n’êtes pas assez… c’est comme donner une épée à un enfant : il est un danger pour lui-même et ses proches.
 Je n’ai jamais fait de mal à quiconque, ce n’est pas ma faute… Marcus s’écroula sur ses genoux et ne put retenir ses larmes. Il n’avait jamais voulu faire de magie. Jamais ! Qui serait assez fou pour vouloir une chose pareille connaissant la sentence. Trois ans qu’il espérait voir le nombre d’émeraudes incrustés dans le mur se réduire et disparaître. Trois qu’il espérait revoir sa femme et ses fils. Et si l’un d’entre eux développait la maladie ? Il resterait enfermé jusqu'à l'âge adulte. Heureusement qu'ils étaient des habitants du Royaume de la Terre, car les fées des Royaumes du Feu et du Vent exécutaient même les enfants… Ainsi, il aurait le temps de voir sa magie disparaître contrairement à lui...
 La seule chose que je peux faire, c’est m’arranger pour que tu puisses voir tes proches avant le procès. Entendu, je vais les faire venir. Il devrait te rester encore quelques jours, le temps de mettre de l'ordre dans tes affaires familiales d'héritage... Tu pourrais même essayer d'avoir un autre petit. Cela pourrait être utile pour ta femme.
Une fois le gardien parti, Marcus hurla de désespoir jusqu’en perdre la voix. C’était injuste, tellement injuste. Etait-il donc impossible de changer et de redevenir normal ? Chaque homme et chaque femme derrière ces barreaux avaient-ils la moindre chance de quitter la prison ? La rage le prit soudainement et une bourrasque se leva dans le couloir. Les émeraudes s’illuminèrent et des flammes apparurent sur les barreaux. Marcus se laissa aller à son chagrin et ne contrôlait plus rien. Le sol tremblait, la sueur et les larmes coulaient sur son visage dans un flot ininterrompu. Le gardien Marronnier revint avec des renforts pour calmer le forcené. Ils furent balayés par un vent puissant qu’ils n’avaient pas anticipé. Le mur d’émeraudes se fissura sous les tremblements de plus en plus intenses et un sixième émeraude apparut. Marcus avait peur de blesser les autres prisonniers mais sa magie enfouie depuis tant d’année débordait à présent sans retenue. Le mur explosa, donna sur un autre couloir éclairé par les flammes des barreaux. Marcus y vit la possibilité d’échapper aux fées et courut sans réfléchir. Le vent dans le dos, il fonça droit devant. Le bourdonnement des ailes des fées de la garde lui donnait la chair de poule. Il sentait sa peur comme l’odeur d’humidité qui couvrait les murs. S’arrêter de courir serait la fin de sa vie. Il ne voulait pas finir comme ça. Il ne pouvait pas finir comme ça ! Il était innocent. Il avait une famille... Le pouvoir qui parcourait son corps était le souffle dont il avait besoin pour tenir le choc. « Alors c’est ça l’Ubris… » Instinctivement, la magie de Marcus avait créé une bulle de protection autour de lui. Les fées n’osaient l’approcher. « Je suis trop puissant pour eux ? Ah ! Si les êtres humains maîtrisaient la magie… » Cette pensée le traversa comme un éclair, et il comprit… Il comprit pourquoi les fées ne voulaient pas que les humains maîtrisèrent ce pouvoir car alors elles étaient certaines de perdre leur position d’espèce dominante. Ce sentiment de toute-puissance, sa colère et sa peur mêlés lui firent pousser un nouveau cri de rage qui explosa un nouveau mur. La lumière de l’extérieure l’aveugla. Il était libre ! Libre ! Libre ! Dehors, une foule d’hommes, de femmes et de fées s’enfuirent dans la terreur. Marcus continua sa course, il pouvait enfin rentrer chez lui ! Il prit la direction de la porte Est de la Capitale sans rencontrer la résistance de l’armée féerique. A chaque pas, le sol tremblait autour de lui, le feu brûlait les chariots qui gênaient le passage, effrayant les chevaux. Il tendit les mains vers l’avant et le pont-levis tomba sous le souffle qu’il avait provoqué. Derrière, l’élite militaire des fées l’attendait. Il ne fallut qu’une poignée de minutes pour mettre à terre le fugitif. Menottés avec des fers sertis d’une dizaine d’émeraudes chacun, les pouvoirs de Marcus étaient suffisamment canalisés pour qu’il ne pût en faire usage avant la sentence. Vaincu, il se laissa porter vers la place des exécutions dans la cour du château.

Devant la corde du gibet, Marcus ne réalisait pas encore qu’il allait mourir. Épuisé par sa vaine fuite, il avait du mal à distinguer les gens du sol, le sol des murs, les murs du ciel. Il tentait de se rappeler des événements de la veille, de ce qu’il avait mangé avant de dormir, de ce qu’il avait rêvé... Il ferma les yeux pour échapper à l’étourdissement. S’enfermant peu à peu dans sa propre tête, il n’entendit pas sa condamnation à mort, ne sentit pas la corde passer autour de son cou. Sa vie l’abandonna, sa magie s’évapora mais son esprit était déjà ailleurs et y resta.]

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