dimanche 16 avril 2017

En dehors de l'aventure : Bãhubali, un film épique...

Aujourd'hui, je sors un peu de ma playlist de Epic Music pour parler d'un film que je viens de voir et qui est tout aussi épique :

La légende de Bãhubali - 1ère partie


Je vous préviens tout de suite, chers lecteurs : le film n'existe pas en français... ni en anglais... et ce n'est pas un Bollywood. Mais si vous parlez télougou, tamoul ou hindi, vous n'aurez aucun problème à le trouver ! D'ailleurs, vous auriez déjà dû voir ce film qui est l'un des plus chers et l'un des plus gros succès du cinéma indien de 2015.
Ne parlant pas une de ces langues, j'ai vécu ma petite épopée pour pouvoir le voir et le comprendre sans prendre de cours de langue intensive...

Bãhubali : quésako ?

L'histoire commence aux confins d'un royaume fictif. Une femme portant un bébé dans ses bras et blessée par une flèche dans le dos, tente d'échapper aux soldats qui la poursuivent...
Sans avoir une maitrise en histoire épique, on devine aisément que l'enfant est d'une importance capitale aux yeux du royaume et que l'histoire tourne autour de ce bébé.

Le film, premier d'un diptyque, a été réalisé par S.S. Rajamouli (Koduri Srisaila Sri Rajamouli) et... il n'y a pas beaucoup d'informations sur la page française Wikipédia. Il est réalisateur de plusieurs films de fantasy, et il s'est axé sur le cinéma tégoulou (Tollywood), langue parlée principalement au sud de l'Inde.

Bãhubali : pourquoi avoir regardé ce film?

La suite du film sort ce mois-ci et le magazine Premiere.fr a sorti un article à ce sujet avec pour chapeau :
"La suite du meilleur film que vous n'avez jamais vu en 2016* sortira en Inde en Avril."

Meilleur film 2016 que personne n'a vu? Comment est-ce possible ? Le film a été diffusé en France, une seule fois dans un seul cinoche et moins de 600 personnes se sont déplacées (inutile de préciser que c'était à Paris...).
Bref, à la suite de la bande-annonce, je me dis qu'il faut que je regarde ce film. J'aime bien la fanstasy mais mon univers est principalement basée sur la culture celtique/nordique... européenne. La perspective d'élargir mon horizon tout en ayant un point commun avec des millions de gens (indiens), je trouve ça plutôt chouette. Ce n'est pas parce que c'est un blockbuster non-américain mais parce qu'il est indien que je me suis mis en tête de voir ce film. Ce que je ne savais pas, c'est à quel point il est compliqué d'accéder à des films non américano-ouest-européens dans une région qui baigne dans cette culture.
*: Premiere.fr cite 2016 alors que le film est sorti en 2015 en Inde car il a été diffusé en France en 2016.

Bãhubali : où te caches-tu ?

A la base, je voulais regarder le film en version originale (tégoulou) sous-titrée français. Finalement, après plusieurs minutes de recherches, je me tourne vers la solution tégoulou/sous-titré anglais. Allez, l'anglais, c'est universel, les indien parlent tous anglais, non ? really ?... Finalement, après quelques heures, j'en suis à : n'importe quel doublage pourvu que je comprenne ce film !
Ainsi, j'ai découvert sur Amazon qu'un DVD était sorti avec le doublage hindi et les sous-titres anglais. Habitant en Ile-de-France, je me suis fixée l'objectif d'aller trainer entre Gare du Nord et Gare de l'Est au prochain weekend et de rentrer avec "ce fichu DiViDi" !!! Ça a mis le temps (de tourner en rond pendant une heure), mais je l'ai trouvé en hindi sous-titré anglais. Ô joie ! Et je ne le regrette absolument pas...

Bãhubali : alors, ce film ?

Le DVD a fonctionné (avec les sous-titres), même s'il est dommage que les voix ne soient pas synchrones avec le mouvement des lèvres (pour rappel, le DVD est en hindi qui n'est pas la langue d'origine du film). Des sous-titres français sont proposés mais ils sont horribles ("Are you all alright?" devient "Es-tu tout droit ?") donc je suis bien contente de lire l'anglais. Mais au-delà de ça, c'est une histoire épique géniale dans des décors merveilleux et ces scènes de batailles... wouaouh, on s'en prend plein la vue!

Si je devais lister des critères négatives sur ce film ce serait donc :
  • le caractère invraisemblable de 80% du film
  • le trop plein d'effets spéciaux
  • le côté prévisible

Mais vous savez quoi : j'ai signé pour ça! C'est ce que je retrouve dans la majorité des films à gros budget, et surtout dans la fantasy. Si je ne suis pas d'accord, je me tourne sur d'autres films basés sur une histoire vraie ou je regarde des documentaires. Dans la vie, je fais les deux (fantasy et documentaires). Maintenant, cela ne veut pas dire que le film sera une réussite : des personnes n'ont pas aimé StarWars VII et le James Bond "Spectre" m'a déprimé tellement je l'ai trouvé raté. Donc, Bãhubali, meilleur film de 2016 que personne n'a vu (en France) ? Peut-être ! Il y a surement d'autres films dont j'ignore l’existence mais j'ai adoré ce film...

[partie avec spoiler : passez jusqu'à la conclusion]
L'histoire :
Ok, on se doute que le bébé a un lien avec le royaume, et certainement avec le tyran qui le dirige mais j'ai vu et lu trop de films et de livres pour ne pas voir le dénouement : ça fait longtemps que le terme "trop prévisible" n'est plus un critère rédhibitoire pour moi. Le meilleur parallèle à cette histoire c'est le Roi Lion, avec des humains (coucou Hamlet) mais dans une Inde imaginaire semi-médiévale. L'enfance du héros (Shivu, Shiva en hindi) est axée autour de cette magnifique cascade plus haute que les nuages et son ascension en musique est mon passage préféré du film.
N'étant pas fan des histoires d'amour dans les récits (pas de pot, il y en a très souvent), je ne m'attendais pas à apprécier celle entre Shivu et Avanthika. Mais Shivu est tellement... innocent (naïf ?) dans sa façon de voir le monde que c'est très bien passé à mes yeux. Là où les filles croient au prince charmant, lui croit à la princesse charmante qu'il doit sauver. Cependant, Avanthika n'a pas besoin d'être sauvée comme il le comprendra dès la première rencontre. Certes, finalement, il finit par lui donner un coup de main bienvenu, mais Avanthika n'est jamais présentée comme une princesse fragile (comme toutes les femmes de ce film d'ailleurs). Ensuite, vient l'histoire de la rivalité entre les deux frères, Bhallaladeva et le fameux Bãhubali. Cette rivalité, on la devine à travers le personnage de la reine-mère (enfin plutôt régente ?) Devasena et du roi tyran Bhallaladeva. C'est un duel qui débute lorsqu'on a deux héritiers pour un trône, surtout qu'on comprend vite qui la reine préfère, qui le peuple préfère et qui nous, pauvre spectateur, nous préférons : "Bãhubali ! Bãhubali ! Bãhubali !". Bãhubali est le héros et le roi parfait (le correspondant indien d'Aragorn si on tient absolument à la comparaison). Il est sage, intelligent, généreux, proche du peuple et noble de cœur, là où Bhallaladeva est violent, impulsif, arrogant et envieux. L'histoire de leur rivalité n'est pas entièrement racontée dans le film (il faut voir la suite) mais c'est le point de départ de tous ces évènements. Et surtout, Shivu est le fils de Bãhubali donc on prévoit une belle bataille pour l'épisode 2 !
En parlant de bataille et de combat, ils voient les choses en grand, très grand ! La dernière guerre du film fait intervenir le génie militaire de Bãhubali de la meilleure des façons. Ils abusent du ralenti mais l’esthétisme est presqu'au même niveau que le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson.

Les personnages :
Shivu et Bãhubali sont joués par le même acteur (Prabhas) et ils sont deux facettes d'une même personne. Shivu, c'est Bãhubali si ce dernier n'avait pas grandi comme prince héritier. Il est d'un optimisme incroyable et rassurant. Shivu amoureux est à la limite de la guimauve mais sa technique de drague est à mourir de rire, je n'avais jamais vu ça! Des dessins, vraiment ? D'autres hommes sont à l'honneur comme le vieux Kattappa qui nous livre un cliffhanger de fou et se bat avec classe (enfin, ils se battent tous avec classe, hommes comme femmes). Le méchant Bhallaladeva est charismatique, autant que Bãhubali, il est aussi fort que lui, et si on comprend vite son avidité, sa détermination à prendre et garder le pouvoir est logique et bien illustrée. Vous voulez montrer que c'est une brute ? Faites-le se battre à main nue contre un taureau que 10 hommes peinent à immobiliser et massacrer la "populace" ! Sans commentaire sur son fils qui est un pleutre et l'armée ennemie du flashback : vous vous êtes bien défendus les gars mais...
Mention spéciale pour les femmes dans ce film qui sont fortes sans être cantonnées à des rôles des hommes à "cheveux longs et nénettes". Elles savent se battre, ont un sens politique, et aucune n'est dispensable à l'histoire de mon point de vue. J'ai hâte de voir comment Avanthika la farouche va évoluer maintenant qu'elle connait l'identité de Shivu.

Les chansons : 
(ma scène préférée du film est en chanson, ici en hindi sous-titrée anglais et illustre tellement bien le personnage de Shivu...)

 

Ah oui, j'oubliais, il y a des chansons dans le film... N'ayant pas vu beaucoup de films indiens, je ne connais pas la place que prennent traditionnellement les chanson dans les films (Bollywood et les autres films indiens). Est-ce le même statut que dans une comédie musicale comme dans les Disney ou est-ce des séquences à part qui ne font pas avancer l'histoire ?... Dunno!
Je n'ai pas l'habitude des fresques épiques en "chanson" mais j'aime les comédies musicales donc ça ne m'a pas dérangé. Je les ai vraiment vécu comme des chansons dans un Disney et j'ai bien aimé ces passages. Ils étaient cools avec, parfois, de chouettes chorégraphies. Avoir envie de danser devant un film épique ? Et pourquoi pas !

[fin de la partie avec spoiler]




Conclusion :

J'ai passée 2h30 de divertissement magnifiques et il me tarde d'avoir la fin! L'histoire est superbe et dans un chouette décors, portée par des personnages charismatiques. Mon plus grand regret est que je vais devoir attendre pour la suite car je n'ai vraiment pas le temps d'apprendre l'une des langues du film. J'aimerai beaucoup que le monde culturel qui est facile d'accès au plus grand nombre s'ouvre plus à d'autres continents en film, en musique et en littérature. Ce n'est pas parce qu'on n'entend pas parler des autres pays qu'ils font des choses nulles. C'est dommage.
Bien sûr, "grâce à" Internet, si on veut, on peut chercher nous-même (et encore, j'ai vraiment galéré pour Bãhubali...) mais c'est une démarche solitaire. J'aimerai pouvoir parler d'une chanteuse lettone ou d'un film indien ou d'une émission ivoirienne avec n'importe qui, voir des films allemands avec des potes, en dehors d'obscures festivals axés sur la guerre froide comme si c'était la seule chose dans le quotidien des allemands en dehors du foot et de la politique !
Oui, j'aime bien les films à gros budget épique (j'ai aussi bien aimé "Journey to the West" vu récemment), j'ai hâte de voir ce que va donner Asura l'année prochaine, et j'aimerai le voir au cinéma plutôt sur mon ordinateur. 
J'espère que vous regarderez des films de tous horizons, quelques soient votre genre préféré. Je pense que la meilleure façon de savoir si on est bien chez soi, c'est de sortir de sa zone de confort... Enfin c'est juste mon avis. Je voyage entre les différents genres de musique et j'ai trouvé ma maison en Epic Music qui ne passe jamais à la radio ou à la télé en tant que tel. Je n'ai pas arrêté d'écouter autres choses entre temps (heureusement !). C'est juste une forme de voyage et ça me construit en tant qu'individu, je pense...

Enfin, bref, je me perds en digression. Seule chose à retenir ? "Bãhubali ! Bãhubali ! Bãhubali !" scande la foule en délire...

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